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LES PAPILLONS EN FORET

(-1998 - André CLAUDE)

 Mots clés : Papillons - forêt - gestion - suivi - inventaire -

INTRODUCTION

Une première communication sur ce thème avait été réalisée en 1995 à l'occasion du séminaire "Inventaire et cartographie des invertébrés comme contribution à la gestion des milieux naturels français" à Limoges.

Depuis cette analyse de plusieurs années de recherche en milieu forestier, les inventaires à titre personnel, demandés par l'Office National des Forêts ou le Parc Naturel Régional de Lorraine se sont succédés (zones pressenties Natura 2000, aménagements pilotes, réserves biologiques, espèces protégées, ...). Ces études permanentes permettent ainsi d'augmenter très sensiblement les listes d'inventaires qui jusqu'à ce jour étaient très rares. Ces études permettent également un suivi des populations en fonction des diverses interventions en forêt et sont diffusées au gestionnaire pour qu'il puisse tenir compte des recommandations en matière de gestion sylvicole.

METHODOLOGIE ET CADRE DE L'ETUDE

Dans la communication de 1995 les forêts ont été classées en trois groupes : sapinière, hêtraie, chênaie; le cadre de l'étude est constitué des quatre départements lorrains.

Les méthodes de prospection sont très traditionnelles.

De jour la recherche se fait à vue (en vol, posé, flaques d'eau, mares, toiles d'araignées). Le battage du feuillage est également pratiqué. La recherche de chenilles et l'élevage de celles-ci n'ont pas été pour l'instant très pratiqués par manque de temps.

De nuit la recherche s'est faite par la pose de substances sucrées et par la visite des fleurs. Les prospections ont été également menées par l'utilisation de sources lumineuses (ampoule ou tube et pièges lumineux divers). La visite de lampadaires en bordure de forêt donne également d'excellents résultats.

Pendant cette période, deux types d'inventaires ont été menés :

- un inventaire global au niveau du massif forestier pour lequel on recherche l'optimum de la diversité et de l'originalité

- un inventaire comparatif qui se fait au niveau de parcelles forestières très différentes et à sylviculture bien particulière.

En reprenant chaque grand groupe de massifs forestiers, les études menées depuis 1995 ont été les suivantes :

1) sapinière

- Forêt domaniale de Gérardmer (~ 5 000 ha) dans la zone des Hautes Vosges - (2 années)

- Forêt domaniale de Bousson et forêt domaniale de Grancheneau (~ 1 000 ha) dans la zone des Basses Vosges - (3 années)

2) hêtraie

- Forêt communale de Vaucouleurs (~ 1 700 ha) dans la zone des Côtes de Meuse - (1 année)

3) chênaie

- Forêt domaniale de la Reine (~ 1 000 ha) dans la plaine de la Woëvre à l'est des Côtes de Meuse - (3 années)

A ces études au niveau du massif, d'autre inventaires sur des zones plus réduites à intérêt particulier (réserve biologique) ont commencé à être élaborés en 1998 :

- vallons froids de Gorze (Moselle)

- buxaies en forêt domaniale de Juvigny (Meuse)

- pelouse calcaire en forêt communale de Choloy-Ménillot (Meurthe et Moselle)

La recherche s'est également faite au niveau d'espèces protégées ou à intérêt particulier :

- Euphydryas maturna L. en forêt domaniale de l'Isle (Meuse)

- Lopinga achine Scop. (Côtes de Meuse et Côtes de Moselle)

- Coenonympha hero L. en forêt domaniale de Fénétrange (Moselle)

- Brenthis daphne D. et S. en Meuse et Meurthe et Moselle dans différents massifs forestiers

Ces études ont souvent été menées en collaboration avec MM. Marc MEYER, d-perl/kesslingen et Roland SUMMKELLER, d-völklingen, (experts lépidoptéristes).

RESULTATS DES DIFFERENTES ETUDES

Depuis 1996, les conditions météorologiques ont très souvent perturbé (surtout de nuit) les prospections et il faut en tenir compte avant de tirer une conclusion hâtive sur le nombre d'espèces observées (certaines périodes de l'année étant restées sans observation).

* En forêt domaniale de Gérardmer

218 espèces ont été observées en 2 ans, dont certaines sont plus particulièrement remarquables.

Commentaires concernant les espèces remarquables :

Hepialidae

Pharmacis fusconebulosa (DeGeer, 1978)

Espèce montagnarde très localisée, mais pas rare dans le massif vosgien. La chenille vit sur la fougère Pteridium aquilinum.

Pyralidae

Eudonia murana (Curtis, 1827)

Espèce boréomontagnarde inféodée aux forêts de conifères des chaînes hercyniennes et alpines.
Chenilles sur mousses.

Udea decrepitalis (Herrich-Schäffer, 1948)

Espèce boréomontagnarde inféodée aux zones humides en bordure de forêt. Peu observée en
Lorraine.

Udea olivalis (Denis & Schiffermüller, 1775)

Espèce rarement observée, elle préfère les lisières de forêts et les bosquets. La chenille est polyphage.

Lasiocampidae

Cosmotriche lobulina (Denis & Schiffermüller, 1775)

Espèce des forêts de conifères en montagne; depuis des décennies elle est en régression, voire en
disparition sans que la cause soit connue.

Geometridae

Macaria signaria (Hübner, 1809)

Espèce largement répandue, mais rarement observée. La chenille vit sur le sapin et la callune.

Cepphis advenaria (Hübner, 1790)

Espèce rare et localisée, elle vit dans les forêts à myrtilles, la plante nourricière de la chenille.

Plagodis pulveraria (Linnaeus, 1758)

Espèce à répartition plutôt montagnarde. La chenille se nourrit d'essences tendres, de myrtilles et de
Rubus sp.

Alcis jubata (Thunberg, 1788)

Espèce très rare et localisée, mais régulièrement dans les Hautes Vosges, elle se trouve dans les forêts
de ravin humides. La chenille vit sur des lichens du genre Usnea.

Pungeleria capreolaria (Denis & Schiffermüller, 1775)

Espèce caractéristique des forêts de conifères, la chenille se nourrissant de feuilles de sapin ou
d'épicéas.

Entephria infidaria (La Harpe, 1853)

Espèce très localisée en Europe centrale; elle est inféodée aux sites rocheux et éboulis d'altitude. Sa
présence dans la forêt de Gérardmer est spécialement remarquable.

Entephria caesiata (Denis & Schiffermüller, 1775)

Espèce montagnarde largement répandue dans le massif vosgien, mais inconnue dans la plaine. La
chenille se nourrit de myrtilles.

Nebula tophaceata (Denis & Schiffermüller, 1775)

Espèce alpine qui se concentre dans les massifs hercyniens aux endroits rocheux. La chenille vit sur
différentes espèces du genre Galium.

Chloroclysta siterata (Hufnagel, 1767) et Chloroclysta miata (Linnaeus, 1758)

Les deux espèces sont typiques des forêts de feuillus ou mixtes. Les adultes volent en automne et
au printemps après hibernation.

Chloroclysta citrata (Linnaeus, 1761)

Au contraire de son congénère ubiquiste C.truncata, cette espèce est nettement plus localisée, mais
commune dans les Hautes Vosges.

Thera vetustata (Denis & Schiffermüller, 1775)

La plus rare des espèces du genre Thera, elle est confinée aux forêts d'épicéas, plante nourricière
exclusive de la chenille.

Rheumaptera undulata (Linnaeus, 1758)

Espèce des forêts claires, des lisières et des haies. La chenille se développe sur des saules, des
peupliers, des aulnes et aussi des myrtilles. Elle est rarement observée.

Perizoma taeniata (Stephens, 1831)

Espèce très localisée dans les forêts de ravin et les sapinières d'altitude. La chenille se nourrit de
Stellaria media. Elle n'est pas rare dans les Hautes Vosges.

Eupithecia pyreneata (Mabille, 1871)

Espèce rarement observée dans la région.

Rhinoprora debiliata (Hübner, 1817)

Espèce rare et localisée, elle vit dans les forêts à myrtilles, la plante nourricière de la chenille.

Venusia cambrica (Curtis, 1839)

Espèce très rare et localisée. La chenille se nourrit de Sorbus aucuparia, un arbuste largement
répandu dans les Vosges.

Noctuidae

Hypena crassalis (Fabricius, 1787)

Espèce inféodée aux sites à Vaccinium myrtillus ou uliginosum et à Calluna vulgaris, les plantes
nourricières de la chenille.

Syngrapha interrogationis (Linnaeus, 1758)

Espèce caractéristique des marais et des chaumes des Hautes Vosges. La chenille vit sur Vaccinum sp.

Phlogophora scita (Hübner, 1790)

Espèce à répartition montagnarde, très rare et localisée. La chenille se nourrit de fougères et
d'arbustes.

Hyppa rectilinea (Esper, 1788)

Espèce rare et localisée, relativement régulière dans les Vosges. La chenille vit sur des fougères,
Vaccinum sp., certains arbustes et des plantes herbacées.

Dasypolia templi (Thunberg, 1792)

Une des espèces les plus remarquables : elle est un élément arcto-alpin, absent de la Forêt Noire, mais connue des environs de Xonrupt-Longemer (réf. Louis Perette). La chenille vit sur Heracleum
sphonylium
. La population découverte près du lac de Retournemer est un indice de la qualité
biologique des sites à éboulis en proximité de zones humides.

Apamea illyria (Freyer, 1846)

Une des espèces du genre Apamea rarement observée. Elle est strictement montagnarde, la chenille se
nourrit de graminées (Dactylis, Calamagrostis, Milium).

Photedes minima (Haworth, 1809)

Espèce très localisée dans les forêts humides. La chenille vit sur Aira caespitosa et d'autres graminées.

Polia hepatica (Clerck, 1759)

Espèce caractéristique des clairières humides à myrtilles et bouleaux.

Panthea coenobita (Esper, 1785)

Espèce inféodée aux forêts de conifères. La chenille est polyphage, mais limitée aux conifères.

Arctiidae

Nudaria mundana (Linnaeus, 1761)

Espèce très localisée et confinée aux sites rocheux humides. La chenille se nourrit de lichens et d'hépatiques.

Thumatha senex (Hübner, 1808)

Espèce caractéristique des zones humides du type magnocariçaie ou mégaphorbiaie, elle se trouve également en plaine, mais elle est très localisées. La chenille vit surtout sur des hépatiques du genre Jungermannia.

Pendant l'année 1998, les prospections entomologiques ont ciblé les éboulis (parcelles 49, 50 et 144). Il était souhaitable de confirmer les observations de 1997 en parcelle 144 (éboulis orientés au nord sur "La Gauche de Retournemer").

Les conditions météorologiques ont encore perturbé la période d'activité principale (juin et juillet).

- La parcelle 50 est une pente orientée au sud avec très peu de végétation, le long de la Vologne.

- La parcelle 49 lui fait face sur l'autre rive et les éboulis sont beaucoup plus colonisés par la végétation. Les prospections ont été faites par la méthode de la lumière active avec, pour la parcelle 50, pose de pièges lumineux automatiques en bas de pente.

- En parcelle 144, deux prospections furent menées (03 et 31 juillet) et ont conduit à la confirmation de la présence d'espèces remarquables : Entephria infidaria, Nebula tophaceata, Venusia cambrica, Perizoma taeniata, Eudonia murana...Cette dernière exceptée, ces espèces n'ont pas été observées sur les autres éboulis.

D'autres espèces peu communes ont également été attirées par la lumière : Amphipaea oculea (Noctuidae - plantes basses), Eustroma reticulata (Geometridae - impatiente ssp.), Paramesia gnomana (Tortricidae - myrtille), Ecliptopera capitata (Geometridae - impatiente ssp.).

En parcelle 50, une prospection s'avère fructueuse le 28 juin avec la présence d'une colonie de l'Arctiidae Coscinia cribraria (callune). D'autre espèces sont également remarquables : Charissa pullata (Geometridae - sedum), Ecliptopera capitata (Geometridae - impatiente ssp.). Orthonama obstipata (Geometridae - gaillet, cresson) est un migrateur peu courant en cette période de l'année et cet éboulis sud, proche de la Vologne semble parfaitement lui convenir. Il en est de même pour Schrankia costaestrigalis (Noctuidae - callune) observé également en parcelle 144, et pour Mythimna scirpi (Noctuidae - laiches et joncs). On note aussi la présence d'Apamea illyria (Noctuidae - graminée).

En parcelle 49, le 23 juillet, un peu moins d'un mois après ces derniers relevés, il est curieux d'observer une population de l'Arctiidae Coscinia cribraria dans un état de fraîcheur comparable à la colonie de la parcelle 50; ce qui voudrait dire que les émergences sont assez fortement décalées entre deux éboulis de versants opposés. D'autres observations sont également intéressantes : Eupithecia nanata (Geometridae - callune), Eustroma reticulata (Geometridae - impatiente ssp.), Apotomis sauciana (Tortricidae - myrtille), Archips oporana (Tortricidae - pin sylvestre et sapin pectiné), Pempelia palumbella (Pyralidae - callune).

A la lumière de ces quelques prospections, il est à noter que des sites au faciès semblable (éboulis), mais au microclimat et à la flore différents ont des populations de papillons bien spécifiques.

Il est donc très intéressant de le prouver et de pouvoir ainsi conserver dans un massif forestier des biotopes très variés, cette variété étant un gage d'une grosse biodiversité riche en éléments remarquables.

Dans les années à venir, il serait donc essentiel de continuer un suivi des populations de ces milieux et également de commencer à inventorier des sites différents et particuliers.

CONCLUSIONS :

· Certains habitats "spéciaux" (notamment les tourbières, chaumes et éboulis) se sont avérés particulièrement riches en espèces remarquables; ils doivent donc rester en l'état ouvert, sans envahissement ligneux. Il en est de même pour les bords de ruisseaux et les zones alluviales où l'on doit favoriser une végétation composée d'herbacées, d'arbustes et d'espèces tendres sans plantation de résineux qui fermerait ces habitats à grande valeur écologique.

· Un milieu plus ou moins ouvert est toujours plus favorable qu'un milieu excessivement fermé (manque de lumière et, partant, banalisation de la faune entomologique).

· Les axes de déplacement (routes forestières, pistes de débardage) doivent être assez larges pour permettre la création d'un effet lisière (herbacées - arbustes - arbres).

· La régénération en mosaïque sur le massif est souhaitable (multiplication de l'effet de lisière et installation de clairières ® simulation d'un dynamisme forestier naturel).

· Le mélange d'espèces ligneuses est toujours favorable à la biodiversité et il faut éviter les monocultures à grande échelle, aussi bien pour les feuillus que pour les résineux.

· La tolérance d'essences de peu de valeur économique (saules, bouleaux, trembles, sorbier des oiseleur,...) est également essentielle pour beaucoup d'espèces peu courantes.

· Les parcelles grillagées (enclos) ne présentent pas une faune lépidoptérique plus riche ou plus remarquable que les parcelles soumises aux effets du gibier (cerfs).

· Finalement , une remarque : les conditions météorologiques en 1997 (pluies froides, fort refroidissement nocturne, vent...), particulièrement dans le massif vosgien, ont été très défavorables et ont donc fortement perturbé l'étude de cette forêt. Malgré cette situation qui a engendré des déficits de plus de 60 % aussi bien pour les espèces que pour les individus recensés, certains taxons peu connus ont pu être découverts ce qui démontre une richesse potentielle de la faune lépidoptérique dans cette forêt.

* En forêt domaniale de Bousson et Grancheneau

Les prospections ont ciblé les bords de différents ruisseaux.

Espèces particulièrement intéressantes

(dans l'ordre chronologique d'observation)

Rheumaptera undulata (Geometridae)

Cyclophora pendularia (Geometridae)

Clostera anachoreta (Notodontidae)

Alcis bastelbergeri (Geometridae)

Pempelia palumbella (Pyralidae)

Rhopobota naevana (Tortricidae)

Eupithecia pyreneata (Geometridae)

Hydrelia sylvata (Geometridae)

Chloroclystis debiliata (Geometridae)

Udea olivalis (Pyralidae)

Lampropteryx otregiata (Geometridae)

Xanthorhoe biriviata (Geometridae)

Epinotia abbreviana (Tortricidae)

Eustroma reticulata (Geometridae)

Perizoma taeniata (Geometridae)

Anticollix sparsata (Geometridae)

Stilbia anomala (Noctuidae)

Xestia agathina (Noctuidae)

Pachycnemia hippocastanaria (Geometridae)

Euphyia biangulata (Geometridae)

Callopistria juventina (Noctuidae)

Eupithecia nanata (Geometridae)

A la lumière de ces observations, il est très intéressant dans un massif forestier où dominent des zones à callune et à myrtille avec pour peuplement forestier des sapins pectinés, des épicéas et des pins sylvestres d'avoir des bords de ruisseau ouverts où la lumière peut pénétrer et permettre la croissance d'herbacées sub-aquatiques et de bouquets d'essences forestières de peu de valeur (bouleaux, saules et trembles).

Il est donc essentiel de préserver ces zones d'un enrésinement (épicéas) comme c'est le cas trop souvent.

* En forêt de Vaucouleurs (hêtraie).

Une année de prospection a permis de dresser un premier bilan, bien entendu tout à fait incomplet (320 espèces), d'où l'on peut quand même extraire certaines espèces particulièrement intéressantes et quelques lignes directrices pour la future gestion.

Espèces particulièrement intéressantes observées

Localisation et nourriture des chenilles de ces espèces

Tortricidae

Olethreutes arcuella parcelle 46 plantes basses

Epiblema incarnatana parcelle 18 rosiers

Apotomis betuletana parcelle 42 bouleau

Pyralidae

Paratalanta pandalis parcelle 46 teucrium, solidago, origanum

Phlyctaenia stachydalis parcelle 42 stachys ssp.

Catoptria verellus parcelles 104, 68, 42 mousses

Notodontidae

Notodonta torva parcelles 68, 77, 104 tremble

Notodonta tritophus parcelle 68 tremble, saule, bouleau

Nymphalidae

Nymphalis antiopa parcelle 68 saule, bouleau, orme

Brenthis daphne parcelles 52, 18 violette, ronce, framboisier

Arctiidae

Parasemia plantaginis parcelles 18, 42, 72 plantain

Arctia villica parcelle 68 plantes basses

Eilema griseolum parcelles 12, 18 lichens

Geometridae

Trichopteryx carpinata parcelles 12, 68, 77 saule et tremble

Idaea pallidata parcelle 42 plantes basses

Comibaena bajularia parcelle 42 chêne

Anticlea derivata parcelle 18 églantier et chèvrefeuille

Perizoma parallelolineata parcelle 42 gaillet, oseille, plantain

Noctuidae

Agrotis cinerea parcelle 95 plantes basses

Photedes pygmina parcelle 42 graminées des milieux humides

Acronicta aceris parcelle 42 feuillus divers

Colobochyla salicalis parcelle 42 saule et tremble

Zanclognatha lunalis parcelles 77, 42 feuillus et plantes basses

Catocala promissa parcelle 104 chêne

Drepanidae

Polyploca ridens parcelle 104 chêne

Nolidae

Nola aerugula parcelles 18, 42 plantes basses

comparaison des parcelles étudiées et analyse des habitats

- Les espèces intéressantes se rencontrent principalement dans les parcelles en régénération.

- Ces espèces en milieu fermé (taillis sous futaie) sont liées au tremble, au saule ou au chêne.

- Le hêtre n'est le refuge d'aucune espèce peu courante.

- On remarque que les chenilles de ces espèces se nourrissent de plantes très variées (herbacées, arbustes, lianes, feuillus tendres, chêne, lichens et mousses).

Conclusion

- Dans cette forêt il est donc très important d'avoir des parcelles à tous les stades de croissance pour pouvoir procurer une rotation de l'habitat.

- Le maximum de diversité floristique est tout à fait souhaitable.

- Les essences de peu de valeur économique sont essentielles pour beaucoup d'espèces.

- Les zones ouvertes (parcelles en régénération, bords des chemins forestiers, clairières) apportent beaucoup (gîte et couvert).

- L'entretien des bords de chemin (gyrobroyage ou fauchage) est essentiel pour conserver une vraie lisière (herbacées ® arbustes ® arbres) et doit se faire hors périodes de stade larvaire.

- Les quelques zones humides doivent être conservées.

- Les vallons froids (ex.: parcelle 12) n'apportent pour l'instant que très peu de chose, la zone étudiée étant un taillis sous futaie très fermé avec beaucoup de charmes. Une ouverture de ce milieu serait peut-être plus intéressante.

- Les résineux n'apportent quasiment rien.

- Dans cette forêt, nous avons remarqué une population assez conséquente (quelques dizaines d'individus) de Brenthis daphne qui prouve l'extension vers le Nord de la France de cette espèce.

- L'activité entomologique 1997 est très faible et perturbée par les conditions météorologiques. L'étude de cette forêt mériterait d'être poursuivie.

* En forêt domaniale de la Reine (chênaie)

Deux années (1996 et 1997) de prospection ont permis de faire un premier état de la faune lépidoptérologique de ce massif forestier où l'harmonie est très souvent parfaite entre étangs et forêt, entre zones humides et zones beaucoup plus sèches.

Liste des espèces rares :

(degré de rareté basé sur les observations dans la région étudiée)

Très rares

Cossidae

Phragmataecia castaneae (Hübner, 1790)

Tortricidae

Choristoneura diversana (Hübner, 1817)

Olethreutes aurofasciana (Haworth, 1811)

Epinotia stroemiana (Fabricius, 1781)

Epinotia maculana (Fabricius, 1775)

Epinotia signatana (Douglas, 1845)

Gibberifera simplana (F.v.Roesl., 1836)

Pammene albuginana (Guenee, 1845)

Pyralidae

Nephopterix hostilis (Stephens, 1834)

Geometridae

Stegania cararia (Hübner, 1790)

Lasiocampidae

Odonestis pruni (Linnaeus, 1758)

Arctiidae

Pelosia obtusia (Herrich-Schaeffer, 1847)

Noctuidae

Schrankia costaestrigalis (Stephens, 1834)

Minucia lunaris (Denis & Schiff., 1775)

Detote uncula (Clerck, 1759)

Sedina buettneri (E.Hering, 1858)

rares

Tortricidae

Pseudosciaphila branderiana (Linnaeus, 1758)

Pyralidae

Selagia spadicella (Hübner, 1796)

Acrobasis consociella (Hübner, 1813)

Euzophera fuliginosella (Heinemann, 1865)

Phycitodes bidaevella (Hübner, 1813)

Geometridae

Cyclophora pendularia (Clerck, 1759)

Drepanidae

Sabra harpagula (Esper, 1786)

Notodontidae

Notodonta tritopha (Denis & Schiff., 1775)

Noctuidae

Macrochilo cribrumalis (Hübner, 1793)

Polypogon lunalis (Scopoli, 1763)

Simyra albovenosa (Goeze, 1781)

Enargia paleacea (Esper, 1788)

Dicycla oo (Linnaeus, 1758)

Mythimna turca (Linnaeus, 1761)

Nolidae

Meganola strigula (Denis & Schiff., 1775)

Nola aerugula (Hübner, 1793)

assez rares

Tortricidae

Acleris emargana (Fabricius, 1775)

Olethreutes arcuella (Clerck, 1759)

Pyralidae

Calmotropha paludella (Hübner, 1824)

Catoptria verellus (Zincken, 1817)

Eudonia crataegella (Hübner, 1796)

Cataclysta lemnata (Linnaeus, 1758)

Acrobasis tumidana (Denis & Schiff., 1775)

Geometridae

Comibaena bajularia (Denis & Schiff., 1775)

Cyclophora albipunctata (Hufnagel, 1767)

Idaea macilentaria (Herrich-Schaeffer, 1846)

Eulithis pyraliata (Denis & Schiff., 1775)

Philireme transversata (Hufnagel, 1767)

Eupithecia virgaureata (Doubleday, 1861)

Odezia atrata (Linnaeus, 1758)

Trichopteryx carpinata (Borkhausen, 1794)

Epione repandaria (Huefnagel, 1767)

Thyatiridae

Polyploca ridens (Fabricius, 1787)

Pieridae

Colias hyale (Linnaeus, 1758)

Nymphalidae

Nymphalis polychloros (Linnaeus, 1758)

Lycaenidae

Nordmannia pruni (Linnaeus, 1758)

Sphingidae

Sphinx ligustri (Linnaeus, 1758)

Notodontidae

Cerura vinula (Linnaeus, 1758)

Notodonta torva (Hübner, 1803)

Arctiidae

Thumata senex (Hübner, 1808)

Pelosia muscerda (Hufnagel, 1766)

Eilema deplana (Esper, 1787)

Eilema griseola (Hübner, 1803)

Serina irrorella (Linnaeus, 1758)

Spilosoma urticae (Esper, 1789)

Rhyparia purpurata (Linnaeus, 1758)

Callimorpha dominula (Linnaeus, 1758)

Noctuidae

Parascotia fuliginaria (Linnaeus, 1761)

Colobochyla salicalis (Denis & Schiff., 1775)

Catocala promissa (Denis & Schiff., 1775)

Earias clorana (Linnaeus, 1761)

Ipimorpha subtusa (Denis & Schiff., 1775)

Cosmia affinis (Linnaeus, 1767)

Xylocampa areola (Esper, 1789)

Nonagria typhae (Thunberg, 1784)

Chortodes minima (Haworth, 1809)

Graphiphora augur (Fabricius, 1775)

Xestia sexstrigata (Haworth, 1809)

Les 26 espèces précédées d'un présentent un intérêt faunistique majeur pour la région lorraine et/ou constituent de bons indicateurs en ce qui concerne la biodiversité particulière de la forêt de la Reine.

Une analyse comparative mettant en relation les indices de rareté et les catégories de plantes nourricières parait intéressant pour démontrer l'importance de structures d'habitat particulières pour augmenter le degré de biodiversité dans un massif forestier.

Les figures 1 et 2 (ci-dessous) montrent les proportions des catégories de plantes nourricières (= habitat) pour les espèces très communes et les espèces rares et très rares.

Les espèces communes sont liées pour plus de 70 % aux feuillus en général et à la strate herbacée (4 et 6), dans les deux cas ce sont des espèces ubiquistes et polyphages qui prédominent.

Par contre, les espèces rares montrent une image plus diversifiée, où les catégories 4 et 6 deviennent moins importantes, mais où les espèces liées aux chênes, aux essences tendres et aux arbustes/lianes sont les plus nombreuses. Les catégories 8 (lichens et mousses) et 9 (bois et feuilles morts, champignons), ainsi que 7 (végétation riveraine) deviennent également plus importantes. Les espèces oligophages, voire monophages prédominent.

Proportion des habitats pour les espèces

Fig.1 communes Fig. 2 (très) rares

Légende : 1 = chêne; 2 = hêtre; 3 = essences tendres; 4 = feuillus en général; 5 = résineux; 6 = strate herbacée; 7 = végétation des rivages; 8 = lichens et mousses; 9 = bois et feuilles morts, champignons; 10 = arbustes et lianes

Ce résultat démontre bien l'importance d'une grande variété de niches écologiques à l'intérieur d'un massif forestier pour une multitude d'espèces rares et menacées.

Dans ce massif forestier, le rapport conditions météorologiques / espèces intéressantes laisse présager d'autres découvertes spectaculaires.

Le milieu étang-forêt a été le plus étudié et se révèle très riche.

La diversité de la flore est tout à fait souhaitable (beaucoup d'espèces sont monophages).

Les ligneux de peu de valeur économique (bouleaux, trembles, saules) se révèlent être le refuge de beaucoup d'espèces remarquables. Les lisières arbustives apportent "le gîte et le couvert" et sont essentielles.

Les parcelles cloisonnées au stade du fourré sont bien habitées et à l'inverse, les parcelles trop fermées sont beaucoup moins le refuge d'espèces peu courantes.

Les zones ouvertes (parcelles en régénération, routes forestières, pistes de débardage, petites clairières, bord d'étang) sont des zones de déplacement pour les adultes et l'ourlet arbustif est essentiel pour sécuriser la faune adulte.

La régénération des parcelles en mosaïque sur le massif permet de multiplier les lisières.

Si les adultes ont besoin d'axes de déplacement et de zones de refuge, il ne faut pas oublier que les larves de certaines espèces vivent au niveau de la strate herbacée au printemps et en été, et il est donc très néfaste d'entretenir les zones pendant cette période.

Les résineux n'apportent quasiment rien dans cette forêt.

Faisant suite à cette première étude, une autre campagne de piégeage a eu lieu en 1998, cinq prospections ont été menée par la méthode de la lumière active; une en parcelle 18 (en régénération), trois en bordure de la roselière de l'étang Very, une en bordure de cette forêt domaniale le long de la roselière de l'étang de l'Etanchée.

Les conditions météorologiques ont permis de faire une campagne en août, ciblant les espèces des roselières (en particulier le genre Archanara - Noctuidae-).

En 1997, mon collègue Marc MEYER avait capturé un exemplaire d'Archanara dissoluta en bordure de l'étang Rome. Cette observation confirmait ce qui était pressenti, c'est à dire la présence, dans cette forêt, d'espèces peu courantes, localisées à certains milieux humides.

Cette année, deux exemplaires de cette espèce furent attirée par la lumière (étang Very) et confirment la présence de cette espèce liée aux phragmites. Deux autres Noctuidae très peu connue de la région lorraine vinrent également à la lumière : Archanara sparganii (3 exemplaires à l'étang Very et un à celui de l'Etanchée) et Archanara algae (3 exemplaires à l'étang Very) dont les chenilles se nourrissent de Rubaniers et de Massettes. Une autre espèce deNoctuidae (Photedes pygmina - 2 exemplaires femelles -) est également présente à l'étang Very. Sa chenille est localisée sur carex ssp., glycerie aquatique, joncs épars... Ces espèces très peu souvent observées, ne s'éloignent que très peu de leur biotope favori et sont très discrètes, même à la lumière. Leur présence confirme la valeur écologique de ce massif forestier, remarquable par l'imbrication des étangs dans le peuplement forestier et aussi par la succession de biotopes secs et humides, à la flore et à la faune très variées.

Trente nouvelles espèces viennent s'ajouter à la liste inventaire (1996-1997), ce qui porte à 497 le nombre d'espèces observées en trois ans.

La priorité a été donnée cette année aux roselières. Il serait donc intéressant dans les prochaines années de continuer l'étude de ce milieu tout en faisant un suivi des espèces typiquement forestières de différentes parcelles en y incluant celles traitées au B.T. où des relevés avaient été faits précédemment.

* Vallons froids de Gorze (Moselle)

En 1998, le 19 juin, une première prospection a été tentée, mais n'a pu se dérouler car l'accès au vallon de PARFONDVAL était impraticable (sol très gras). Une autre prospection par la méthode de la lumière active a eu lieu le 20 juillet en "FOND CUGNOT" (parcelle 55). Cette prospection a été complétée par une recherche à vue et au "battage".

Pendant cette campagne, 93 espèces ont été observées et parmi celles-ci, certaines ont un intérêt particulier :

- Heterogena asella (Limacodidae)

espèce liée à divers feuillus et plus particulièrement au charme

- Photedes minima (Noctuidae)

chenilles sur diverses graminées dont la canche cespiteuse

- Acasis viretata (Geometridae)

chenilles sur divers arbres et arbustes dont l'aubépine et l'aulne

- Eilema griseola (Arctiidae)

chenilles sur lichens surtout sur aulne, chêne et tremble

Les zones en fond de vallon sont souvent très fermées.

Le manque de fleurs en été peut porter préjudice à une forte fréquentation lépidoptérique.

Toutefois, il serait illusoire de vouloir tirer des conclusions sur la faune lépidoptérique de ces vallons après une simple prospection et à l'avenir il serait plus intéressant d'étudier cette faune avec des conditions météorologiques beaucoup plus optimales que celles rencontrées en 1998 et par la méthode du piégeage lumineux automatique en hauteur (dans les houppiers).

* Buxaies en forêt domaniale de Juvigny (Meuse)

Une première approche de l'étude de la faune lépidoptérique de cette buxaie a été réalisée par la méthode de la lumière active. Cette méthode de prospection a été complétée par des observations à vue et par un battage du feuillage.

Les zones prospectées sont situées en milieu de versant sud (parcelle 22) et en bas de versant ouest (parcelle 33), ces parcelles étant en régénération. L'accès en bas de la parcelle 33 est très délicat (notamment avec un matériel lourd) et le champ de lumière est très restreint; une future campagne de prospection par la méthode du piégeage lumineux en hauteur, au niveau des houppiers, serait souhaitable.

Deux campagnes ont été menées (18 juin et 20 août). Le mois de juillet n'a pas permis d'observations valables.

Parmi les espèces observées, certaines ont un intérêt particulier et ne sont pas très courantes. Elles sont présentées ci-dessous.

Liste des espèces présentant un intérêt particulier

- Sphinx ligustri (Sphingidae) en nombre assez conséquent (12 exemplaires observés en une nuit)

chenilles sur syringa, ligustrum et fraxinus ssp.

- Acronicta aceris (Noctuidae)

chenilles sur divers feuillus

- Photedes pygmina (Noctuidae)

chenilles sur carex, glycérie, jonc

- Hydria undulata (Geometridae)

chenilles sur salix, populus, alnus et betula ssp.

- discoloxia blomeri (Geometridae)

chenilles sur orme

- Hydrella sylvata (Geometridae)

chenilles sur aulne

- Eupithecia pyreneata (Geometridae)

chenilles sur digitales jaunes

- Calospitos sylvata (Geometridae)

chenilles sur orme

- Acasis viretata (Geometridae)

chenilles sur divers arbres et arbustes notamment aubépine et aulne

- Anticollix spartasa (Geometridae)

chenilles sur lysimaque commune

- Pempelia obductella (Pyralidae)

chenilles sur origan

Au vu de ces quelques observations, on remarque que le buis n'est le refuge d'aucune des espèces observées comme utilisant celui-ci en tant que plante nourricière de la chenille.

Par contre ce site est tout à fait remarquable par son relief et ses microclimats très différents.

Les habitats sont très variés : hêtraies à buis, hêtraie à mélique uniflore, fourrés à prunelliers et troènes, aulnaies-frênaies, zones à calcaire affleurant et très sèches, zones très humides et marécageuses du fait de nombreuses sources.

Tous ces biotopes donnent à cette forêt une richesse floristique et par conséquent une richesse lépidoptérique (plus d'une centaine d'espèces observées en une nuit par des conditions météorologiques relativement moyennes). Certaines espèces comme Discoloxia blomeri ou Eupithecia pyreneata sont très peu souvent observes et renforcent cette diversité par une originalité.

Dans cette forêt, il est souhaitable de préserver cette diversité d'habitats avec des zones régénérées proches de zones à peuplement plus anciens. Les zones ouvertes procurent de nombreuses fleurs très utiles à la vie des adultes et la régénération en mosaïque sur le massif est tout à fait souhaitable.

* Pelouse calcaire de la forêt communale de Choloy-Ménillot (Meurthe
et Moselle)

Cette pelouse est une partie d'une parcelle forestière. Cette dernière est constituée d'un plateau avec un peuplement forestier mixte composé de feuillus (hêtre, chêne) et résineux (pins) et d'une pente orientée vers le sud, au sol calcaire très superficiel colonisé surtout par les pins et les genévriers. Après intervention (coupe de pins et éclaircie dans les genévriers) cette pelouse est très appréciée par de nombreux papillons et parmi ceux-ci :

- Polyommatus bellargus

- Aporia crataegi

- Rodostrophia vibicaria

- Horisme aquata

Des prospections de nuit viendront compléter les quelques observations en journées.

~~~~~~~~~

Si l'inventaire d'une forêt ou d'un site particulier est intéressant, il est également d'une grande utilité de détecter certaines populations d'insectes particuliers et de comprendre leur mode de vie pour pouvoir conseiller le gestionnaire.

C'est ainsi que plusieurs espèces particulièrement intéressantes ont été étudiées.

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* Euphydrias maturna (Nymphalidae) : le damier du frêne en forêt
domaniale de l'Isle (Meuse).

Le damier du frêne a été découvert il y a une dizaine d'années dans ce massif forestier qui représente l'extrême ouest de la zone de répartition de l'espèce en Europe. Il était donc intéressant de rechercher à nouveau cette espèce et d'étudier de plus près son mode de vie dans cette forêt.

1) présentation de l'espèce.

Le papillon vole de fin mai à fin juin; il se nourrit du nectar des fleurs. La ponte a lieu bien évidemment pendant cette période.

Les chenilles apparaissent en juillet-août et vivent au début de leur existence dans une bourse soyeuse accrochée aux branches de frêne (principalement). Elles se nourrissent des feuilles de ces arbres. Après hivernage, la chenille devient polyphage et se nourrit de végétaux variés (plantains, scabieuses, véroniques...)

Elle n'atteint souvent sa maturité qu'après avoir hiverné deux fois. La nymphose se déroule entre avril et mai sur des troncs à 1,50 m du sol environ.

Du point de vue protection, cette espèce se trouve sur les listes suivantes : directive habitat (AN.2), convention de Berne, liste nationale, liste rouge.

2) recherche de l'espèce et constatation

l Une visite du site où volait l'espèce il y a une dizaine d'années (F.C. de Laheycourt, parcelle 20) s'avère infructueuse. Le site a évolué et atteint le stade du bas perchis de frêne, les parcelles avoisinantes sont au stade adulte, les sommières se sont refermées et les fleurs y sont rares.

En forêt domaniale de l'Isle, une prospection des parcelles 10 et 14, au stade fourré à gaulis, s'avère tout aussi infructueuse (sommières plus ensoleillées mais bas-côtés très peu larges et peu fleuris).

Finalement l'espèce est trouvée au niveau des parcelles 57 à 62. On remarque que cette zone est constituée de parcelles au stade semis/fourrés/gaulis avec hêtres-chênes dominant mais avec plusieurs bouquets de frênes (hauteur 1 à 4 m).

Les adultes sont posés sur cette régénération et en matinée avec l'élévation de la température ils viennent butiner les fleurs qui sont nombreuses à cet endroit. L'élément important est bien la présence de fleurs (angéliques et valérianes).

Un autre site (parcelle 70) est également prospecté. Une route forestière en terrain naturel, avec bas-côtés relativement larges et fleuris, sépare des peuplements adultes et des fourrés/gaulis plus évolués et non cloisonnés. On y remarque l'espèce en plus petit nombre.

3) conclusions et recommandations sylvicoles.

Les conditions météorologiques (nuages et vent) et le peu de temps passé à la prospection n'ont pas permis de faire une recherche très poussée. Toutefois dans ce massif forestier E.maturna est toujours bien présent et en population assez conséquente qui semble s'adapter à la conversion et à la régénération en mosaïque sur le massif.

Il faut toutefois bien entendu conserver des bouquets de frêne dans les régénérations, mais surtout garder des bas-côtés de routes forestières et de pistes de débardage assez larges avec de nombreuses fleurs, sans gyrobroyage d'été de ces zones fleuries.

* Lopinga achine (Nymphalidae) : la bacchante.

Au début des années 90, cette espèce vivait en très petites colonies (quelques individus à quelques dizaines d'individus dans chaque station) sur la zone des Côtes de Meuse (hêtraie de plateau). Sur ces côtes, l'espèce se trouve en limite nord de son aire de répartition.

Les zones colonisées par cette espèce sont les parcelles en régénération, les clairières formées par des chutes accidentelles d'arbres dues aux forts coups de vent du début des années 90, les bords de routes forestières assez largement ouvertes.

Cette espèce, qui avait fortement régressé avec la fermeture du milieu suite à l'abandon du mode de gestion en taillis-sous-futaie (taillis très dense et peu de futaie), a retrouvé actuellement, avec une gestion dynamique (conversion de ce taillis-sous-futaie en futaie mélangée par la méthode des coupes progressives), des populations importantes (plusieurs centaines d'individus, dans plusieurs forêts, sur plusieurs milliers d'hectares).

Cette espèce semble tout particulièrement apprécier la régénération en mosaïque sur un massif et se pose volontiers sur les buissons de bordure, sur la régénération au stade semis/fourrés, sur les branchess basses, sur les fleurs, ou plus curieusement sur des fientes (jusqu'à 10 exemplaires sur une fiente de renard).

En cette année 1998, j'ai retrouvé un exemplaire de cette espèce sur les Côtes de Moselle en fin de période de vol (3 juillet), toujours dans la hêtraie (parcelles en régénération jouxtant des parcelles de futaie au stade du haut perchis). C'est ma première observation dans cette zone. Par contre je n'ai pas rencontré la bacchante dans la chênaie/charmaie (plaine de la Woëvre et plateau de Lorraine) pourtant aussi en conversion taillis-sous-futaie/futaie.

* Coenonympha hero (Nymphalidae) en forêt domaniale de Fénétrange.

Cette espèce a fortement régressé en France et la forêt de Fénétrange abrite certainement actuellement la dernière population de ce papillon en Lorraine.

En 1996, deux prospections furent menées (31 mai et 6 juin) et les observations ont été réalisées dans le Mosterwald (5 exemplaires).

En 1998, une prospection fut menée le 30 mai et le papillon volait toujours au même endroit et en nombre quasiment identique (7 exemplaires dont une femelle). La recherche de cette espèce dans d'autres sites de cette forêt n'a donné aucun résultat.

Les endroits précis où les individus de C.hero ont été observés, correspondent à une tranchée ouverte à végétation herbacée, limitée au NW par une lisère de forêt bien structurée en arbustes et au SE par une régénération et un champ labouré pour le gibier. Ce genre de tranchée large, très exposée au soleil, mais sur un sol plutôt humide (sauf en été), couvert d'un tapis dense de graminées, est unique dans la partie du massif parcouru.

conclusions pour la gestion de la foret.

Le lieu d'observation dans le Mosterwald ne correspond pas entièrement aux biotopes décrits dans la littérature. Néanmoins, la forêt de Fénétrange semble être le cadre idéal pour protéger l'espèce : il s'agit d'une forêt thermohygrophile bien structurée et riche en clairières ou régénérations.

Vu que la seule population confirmée est confinée à la tranchée particulièrement large et ouverte le long de la parcelle 22 du Mosterwald, il semblerait que ce genre d'élément écologique serait à créer ailleurs pour favoriser C.hero.

La forêt de Fénétrange subit un aménagement basé sur les intérêts des chasseurs. Il va sans dire que certaines de ces mesures sont néfastes pour la faune sauvage en général, et notamment pour la faune entomologique.

Une gestion appropriée de la forêt de Fénétrange pour garantir la sauvegarde de C. hero, espèce cible, mais aussi d'un grand nombre d'autres organismes appartenant à l'écosystème "forêt", consiste à suivre les consignes suivantes :

1- Créer des tranchées larges non-exploitées le long de clairières ou régénérations.

2- Favoriser une structure naturelle des lisières (bord large et riche en arbustes).

3- Eviter le girobroyage des bords de chemins et de tranchées, mais faucher en automne et enlever le matériel fauché au printemps.

4- Accentuer la mosaïque de parcelles ouvertes, en régénération et en situation climacique.

L'approche de la gestion de la forêt du Romersberg parait adaptée aux besoins, si les points 1 et 3 sont respectés.

* Extension de l'aire de répartition de Brenthis daphne en Meuse et en Meurthe et Moselle

En 1993, l'aire de répartition se limitait, au nord, à la Haute-Marne et à l'extrême sud-est du département des Vosges (R.Essayan et D. Jugan - Alexanor, tome 18, fasc.6).

En 1997, les études menées sur les Côtes de Meuse et de Moselle montrent clairement l'extension vers le nord de cette espèce :

Chargé d'une étude lépidoptérologique en forêt communale de Vaucouleurs (Meuse), j'observe cette espèce le 25 juin 1997 (quelques dizaines d'exemplaires), par des conditions météorologiques assez défavorables (ciel très voilé et pâle soleil avant une période de pluie assez longue). Les observations se font dans des parcelles en régénération (parcelles 18, 42 et 52). La parcelle 18 est une plantation de hêtres en bandes au stade de gaulis avec interbandes non gyrobroyées (herbacées et arbustes). Les parcelles 42 et 52 sont des régénérations naturelles de hêtre à différents stades.

Fort de ces observations, je regarde ce qui se passe sur les Côtes de Moselle et j'ai le plaisir d'observer B.daphne, en forêt sur le territoire de Marbache (Meurthe et Moselle) (2 exemplaires) dans une parcelle en régénération, et à Liverdun (Meurthe et Moselle) (1 exemplaire assez défraîchi) le 15 juillet, en bordure de Moselle par des conditions météorologiques toujours assez défavorables (nombreux passages pluvieux).

En 1998, l'extension de cette espèce vers le nord de la région se confirme et les observations se succèdent :

26/06 : en forêt de Domgermain, parcelle 34 Ø 1 exemplaire

27/06 : en forêt de la Reine, parcelle 117 Ø 2 exemplaires

30/06 : en forêt des Hospices de Nancy, sur le territoire de Marbache, parcelles 2,3,10 et 13
Ø 8 exemplaires

en forêt de Marbache, parcelles 24 et 25 Ø 12 exemplaires.

03/07 : en forêt de Liverdun, dans 4 parcelles en régénérationØ 20 exemplaires

06/07 : en forêt de Natrou, sur le territoire de Liverdun, parcelles 15 et 16 Ø 5 exemplaires

08/07 : en forêt de Marbache , parcelle 8 Ø 2 exemplaires

Toutes ces forêts se trouvent dans la région Nancy / Toul (Meurthe et Moselle).

Les zones privilégiées par cette espèce sont des parcelles forestières (hêtraie - chênaie) en régénération où la coupe définitive des semenciers a eu lieu ou va intervenir. Dans ces parcelles les ronces sont présentes en tapis entre les taches de semis ou de fourrés. J'ai remarqué la ponte de quelques femelles sur ces ronces.

conclusions sylvicoles

Au vu de toutes ces observations, il s'avère que la gestion forestière actuelle va dans le bon sens. La régénération naturelle domine très fortement et l'enrésinement, en dehors des zones naturelles, ne se pratique plus, au contraire, les peuplements résineux sont une transition vers de futurs peuplements feuillus, très souvent naturellement ensemencés.

Le traitement en futaie régulière sur des parcelles de 4 à 8 hectares est tout à fait possible. Au niveau du massif forestier, cette futaie devient irrégulière, si la régénération se pratique en mosaïque (ce qui est tout à fait souhaitable). La faune lépidoptérologique profite ainsi d'une rotation de l'habitat avec des parcelles à tous les stades de croissance (sans oublier les îlots de vieillissement pour certains coléoptères).

Dans un massif forestier, il est également essentiel de garder des zones de transition bien ouvertes (routes forestières et pistes de débardage). Les bas-côté de ces axes de déplacement ne doivent être entretenus que pour rabattre les ligneux en dehors des périodes de floraison et de stade larvaire (printemps et été).

Il est également inutile de reboiser les petites clairières.

Les zones les plus humides doivent rester en l'état.

Les parcelles hostiles sont, bien entendu, celles où domine le taillis très fermé ou la futaie monospécifique à faible écartement des tiges. Le mélange d'essences augmente la diversité de nourriture et les essences pionnières (bouleaux, saules, trembles...) sont très utiles à beaucoup d'espèces peu courantes.

Il ne faut jamais oublier, qu'en forêt, les papillons ont souvent besoin de fleurs pour prolonger leur vie et ainsi se déplacer et augmenter leur aire de répartition.

Les milieux particuliers (tourbières, bords de ruisseau, de mares, d'étang, chaumes et pelouses sèches, éboulis...) inclus dans un massif forestier, doivent bénéficier d'une attention particulière.

La diversité de la flore et des microclimats implique une diversité et une originalité de la faune lépidoptérologique et les couloirs d'échanges génétiques sont nécessaires pour la pérennité des espèces car nous devons transmettre aux générations futures l'héritage que nous avons reçu, en l'améliorant si possible.

Souvent certaines erreurs sont faites par méconnaissance de ce qui se trouve dans un milieu et c'est pourquoi les études sous forme de listes d'espèces sont nécessaires car c'est à partir de la connaissance de la faune que l'on peut conseiller le gestionnaire dans ses plans de gestion.

Et si souvent la flore et la macrofaune sont bien connue, il n'en est pas de même pour la micro-faune qui pourtant représente la majorité de la vie animale.

Un suivi des populations est également souhaitable pour renseigner et rassurer le gestionnaire et le scientifique.

En matière forestière l'économie et l'écologie ne sont pas des antagonismes, bien au contraire.

C'est ainsi que la forêt gardera son grand intérêt écologique tout en produisant des arbres de qualité.

 

bibliographie

· Alexanor, tome 18, fasc.6

· MEYER M.- CLAUDE A.- SUMMKELLER R., 1996 : "La population de Coenonympha hero (Lepidoptera, Satyrinae) dans la forêt de Fénétrange (dépt Moselle)".

· CLAUDE A.- MEYER M.- SUMMKELLER R., 1996 : "Inventaire lépidoptérologique comparatif de la forêt de la Reine (dépt Meurthe et Moselle)".

· MEYER M.- CLAUDE A.- SUMMKELLER R., 1998 : "Inventaire lépidoptérologique comparatif dans la forêt domaniale de Gérardmer (dépt Vosges)".

· MEYER M.- CLAUDE A.- SUMMKELLER R., 1998 : "Inventaire lépidoptérologique comparatif dans la forêt communale de Vaucouleurs (dépt Meuse)".

· CLAUDE A., 1998 : "Première approche lépidoptérologique de la réserve biologique domaniale des vallons de Gorze (dépt Moselle)".

· CLAUDE A., 1998 : "Inventaire de la faune lépidoptérologique dans la buxaie de la forêt domaniale de Juvigny (dépt Meuse)".

· CLAUDE A., 1998 : "Inventaire lépidoptérologique en forêt domaniale de Gérardmer (dépt Vosges)".

· CLAUDE A., 1998 : "Inventaire lépidoptérologique en forêt domaniale de la Reine (dépt Meurthe et Moselle)".

· CLAUDE A., 1998 : "Le damier du frêne (Euphydryas maturna L.) en forêt domaniale de l'Isle (dépt Meuse)".


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